Portraits de Polonais à Bruxelles

Après Humans of New-York et Portraits de Montréal, voilà les Polonais de Bruxelles ! Une galerie de portraits variés, à l’image de la Polonia qui vit en Belgique, mais toujours avec pour points communs un souriant accueil et une enrichissante rencontre.

Hanna (à gauche), artiste-peintre

pob-hanna.jpgVous vous êtes rencontrées en Belgique ?
Non ! On se connaît depuis l’école. Après un Erasmus à Gand, je suis venue m’installer ici et on s’est retrouvées. On a fondé notre projet Ahaha.be ensemble.
Et vous aimez Bruxelles ?
Oui, il y a tellement d’étrangers et de langues ici. C’est un mélange intéressant. Et on peut aussi se retrouver entre Polonais. Quand on est à l’étranger, on cherche les gens qui nous ressemblent. Les Polonais d’ici disent qu’ils retrouvent de la Pologne dans mes tableaux, mais je ne sais pas vraiment pourquoi.

Aleksander, employé à la Représentation de la région Małopolska à Bruxelles

pob-aleksander.jpgEst-ce qu’il y a quelque chose qui te manque tout particulièrement ?
C’est une question qui est très difficile car la réponse est « oui », mais je ne saurai pas nommer ce qui me manque. Ce n’est pas un lieu, un plat de ma mère ou une personne en particulier. Peut-être une nostalgie du passé. Toute mon enfance, beaucoup de souvenirs sont liés à la Pologne. C’est une ambiance et ce qui va avec, les gens.

Annia-Marie, assistante à la librairie polonaise de Bruxelles

pob-annamarie.jpgTu rentres souvent en Pologne ?
Je rentre tous les trois mois, à chaque fois qu’il y a un congé. Je rentre en Podlachie (NDA : nord-est de la Pologne). La majorité des Polonais d’ici viennent de là-bas.
Et beaucoup de Polonais viennent dans ta librairie ?
Oui, beaucoup de Polonais, et des Belges qui apprennent le polonais. Sinon on se rencontre toujours à l’Église ou à la sortie de l’école polonaise. On s’organise sur Facebook, on se retrouve pour aller au cinéma…
Et tu lis des auteurs polonais ?
Oui ! Mon dernier coup de cœur, « Bokserka » de Grażyna Plebanek. C’est une Polonaise de Bruxelles, c’est super.

Paul, ingénieur informaticien

pob-paul.jpgPourquoi apprends-tu le polonais ?
J’ai arrêté de parler polonais avec mes parents quand j’avais 3 ans. Les professeurs ont fait comprendre à ma mère qu’il fallait mieux que j’arrête. J’ai tout perdu. Et comme j’ai toujours de la famille en Pologne, je veux réapprendre. J’ai connu ma grand-mère pendant 20 ans, mais je n’ai jamais pu discuter avec elle car elle parlait seulement polonais. Maintenant, quand je pars en vacances, j’essaye toujours d’écrire des cartes postales en polonais à mon grand-père.

Sabina, photographe

pob-sabina.jpgRaconte-nous l’histoire de ton pull…
Au départ ce n’est pas un projet réfléchi ou prémédité. Je peignais chez moi et j’ai taché mon sweat préféré. Comme provocation et comme blague, j’ai écrit « I am a Polish worker » dessus. Puis j’ai rencontré Anna et d’autres filles à une fête. Elles étaient vertes de jalousie, elles voulaient porter le même sweat, comme ça, pour lutter contre les clichés. C’est un message simple que les gens comprennent vite. Comme elles lançaient justement leur activité d’impression sur les vêtements, elles ont repris l’idée.
Tu subis beaucoup les clichés ici ?
Moi non, pas du tout. Ça fait 8 ans que je suis ici et je suis parfaitement fondue dans la masse. Mais d’autres oui, je pense. Les clichés existent et ils ont la vie dure, donc il faut continuer à lutter contre eux.

Agnieszka (à droite), boulangère

pob-agnieszka.jpgPourquoi es-tu venue en Belgique ?
Pour le travail. C’était trop difficile d’en trouver un en Pologne. Je travaille dans une boulangerie à Bruxelles. Ma vie est ici maintenant. Je ne me vois pas retourner en Pologne même si la situation s’est améliorée depuis mon départ. J’ai un travail et les enfants vont à l’école française.
Tes enfants apprennent le polonais ?
Oui, chaque samedi matin ils vont à l’école polonaise pour apprendre leur langue maternelle. Et nous parlons polonais à la maison. Je crois que c’est important de ne pas oublier.

Merci à Hanna, Aleksander, Annia-Marie, Paul, Sabina et Agnieszka d’avoir bien voulu se prêter au jeu.

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