Olga Boznańska, artiste peintre jusqu’au bout des ongles

« Mes tableaux ont fière allure parce qu’ils sont vrais, qu’ils sont sincères, qu’ils sont vôtres, il n’y a en eux ni mesquinerie, ni manières, ni fumisterie. » À l’occasion du 150e anniversaire de la naissance d’Olga Boznańska, l’une des figures majeures de la peinture polonaise, le Musée national de Varsovie expose les œuvres de cette femme totalement dévouée à son art.


Du 26 février au 2 mai 2015, le Musée national de Varsovie expose dans ses galeries près de 150 des meilleures œuvres d’Olga Boznańska, une artiste qui a fait date dans l’histoire de la peinture bien au-delà des frontières de la Pologne. En effet, le musée polonais n’a pas seulement puisé dans sa propre collection mais a également fait venir des pièces du musée d’Orsay de Paris, de la Galerie nationale d’art de Lviv en Ukraine ou encore de la galerie Ca’Pesaro de Venise, preuve de la notoriété internationale du peintre. L’exposition est complétée par des tableaux d’artistes européens ou japonais dont Diego Velázquez, Édouard Manet ou Édouard Vuillard et empruntés notamment au Louvre ou au musée d’Orsay pour illustrer les relations de l’artiste avec la peinture mondiale.

Bien que née à Cracovie, Olga Boznańska a fait l’essentiel de sa carrière en France. Fille d’un ingénieur des chemins de fer polonais, Adam Nowina Boznański, et de la Française Eugénie Mondan, elle a entamé son éducation artistique en Pologne avant de la poursuivre à Munich pour enfin s’installer en 1898 à Paris. Pour mieux faire comprendre l’évolution de sa peinture, l’exposition du Musée national de Varsovie retient une division thématique : portraits, travaux influencés par la civilisation et l’art japonais, paysages et natures mortes.

En parcourant les galeries, le visiteur constatera vite que la spécialité d’Olga Boznańska était le portrait et qu’elle y excellait. Chaque visage, dont ceux de nombreux enfants, émerveille tant par sa scrupuleuse véracité psychologique que par la sobriété apparente d’une palette volontairement limitée à des couleurs atténuées. Les fonds sont toujours neutres et les modèles généralement représentés de face et en buste. Le portrait le plus célèbre de l’artiste est la « Jeune fille aux chrysanthèmes » réalisé en 1894.

La jeune fille aux chrysanthèmes d'Olga Boznańska (1894)
La jeune fille aux chrysanthèmes d’Olga Boznańska (1894)

Olga Boznańska aimait également l’autoportrait et pratiquait cet exercice de façon régulière. Tout au long de sa vie, elle a continué à immortaliser son personnage sur la toile sans dissimuler les traces de l’écoulement du temps. En observant cette série de tableaux, on peut avoir l’impression de parcourir le journal intime de l’artiste.

Série d'autoportraits d'Olga Boznańska
Série d’autoportraits d’Olga Boznańska

L’exposition du Musée national de Varsovie fait aussi découvrir les emprunts de l’artiste au japonisme et ses natures mortes. De sa formation à Munich, Olga Boznańska gardera en effet une admiration pour l’art japonais qui fascina et inspira toute l’Europe artistique à partir des années 1870. C’est à cette même période qu’elle commence à peindre des natures mortes en s’inspirant de l’école néerlandaise du XVIIe siècle. Néanmoins, l’individualité de son style ressort à travers notamment une plus grande attention portée aux plats, vases et détails végétaux.

Vase de roses d'Olga Boznańska, autour de 1912
Vase de roses d’Olga Boznańska, autour de 1912

La palette de couleurs de l’artiste a évolué dans le temps, passant de teintes bleu-vert et argentées au début de son séjour à Paris à des tonalités plus claires de blanc nuancé dans les années 1910-1918 jusqu’à des variations de brun et de beige à la fois plus foncées et plus chaudes. Même si le spectre paraît sombre à première vue, il est large et riche en nuances.

L’exposition du Musée national de Varsovie, qui durera jusqu’au 2 mai 2015, a déjà connu un beau succès auprès du public. Outre une série de conférences, un abondant programme de manifestations est prévu avec notamment des leçons et des ateliers spécialement conçus pour les enfants et les enseignants. Les adolescents peuvent quant à eux prendre part au deuxième concours national sur la connaissance de l’histoire de l’art intitulé « Peindre pour vivre. Olga Boznańska » et consacré à la vie et l’œuvre de l’artiste.

Le chevalet du maître
Le chevalet du maître

Enfin, compte tenu de la place de l’artiste dans l’histoire des relations franco-polonaises, l’Institut français de Pologne a noué un partenariat spécial avec le Musée national de Varsovie. Il organise ainsi des visites en français de l’exposition ainsi que des conférences de spécialistes de l’histoire de l’art français ayant pour thèmes les réalisations de Boznańska, le modernisme et le japonisme. Il a aussi été à l’initiative d’un concours intitulé « Portraits d’après les œuvres d’Olga Boznańska » à l’intention des classes de français des collèges et lycées en Pologne. Les participants devront en mots et en français dresser le portrait d’un des personnages figurant sur les tableaux d’Olga Boznańska. Les auteurs des meilleures productions seront récompensés lors d’une remise des prix qui se déroulera après la clôture de l’exposition.

Plus d’informations sur le site du musée

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