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Une double exposition aux musées nationaux à Varsovie et à Cracovie pour admirer les toiles des frères Gierymski, précurseurs de l’art moderne polonais. Au cinéma, l’insurrection de Varsovie comme vous ne l’avez jamais vue, reconstituée à partir d’images d’archives restaurées et re-sonorisées. Une première mondiale.

Au musée

Les musées nationaux de Varsovie et de Cracovie ont rassemblé une partie de leurs collections dans le cadre du projet intitulé « Les frères Gierymski » . Ces deux très talentueux peintres du XIX siècle, considérés comme les créateurs de l’art moderne polonais, ont en effet laissé derrière eux de nombreux chefs d’œuvre.

Aleksander Gierymski 1850–1901 au Musée national de Varsovie, du 20 mars jusqu’au 10 août 2014

Aleksander Gierymski 1850–1901 : à voir au Musée national à Varsovie du 20 mars au 10 août 2014

Aleksander Gierymski (1850-1901) est célèbre pour son travail sur les jeux de lumière et de couleur sur les toiles. Sa fascination pour la mobilité des phénomènes climatiques et lumineux le rapproche du mouvement impressionniste consacré à l’étude des impressions fugitives. Ayant rompu avec la primauté de la peinture historique établie par Jan Matejko – le maître polonais incontesté en la matière – Aleksander Gierymski est considéré comme un précurseur du réalisme dans la peinture polonaise.

L’exposition au Musée national de Varsovie montre la quasi totalité des œuvres artistiques existantes réalisées par Aleksander Gierymski (environ 120 peintures et esquisses à l’huile, 66 dessins, un carnet de croquis ainsi que près de 150 gravures sur bois). Si un grand nombre d’entre elles provient directement du fonds du musée, d’autres ont été empruntées à différents musées polonais, des institutions étrangères ou encore à des collectionneurs privés. L’ordre de l’exposition suit les étapes consécutives du développement du talent d’Aleksander Gierymski avec dans les interstices des informations sur les quelques œuvres manquantes qui aident à donner une vue d’ensemble du talent du maître.

Maksymilian Gierymski. Oeuvres, inspiration, accueil au Musée national de Cracovie, du 25 avril au 10 août 2014

Maksymilian Gierymski, Patrouille d’insurgés, 1872-1873, huile sur toile, propriété du Musée national à Varsovie.

L’exposition des travaux de Maksymilian Gierymski (1846–1874) au Musée national de Cracovie commémore le 140e anniversaire de sa mort. Malgré son décès prématuré de la tuberculose à l’âge de 28 ans, Maksymilian a réussi à se bâtir une place dans le canon des peintres de la Pologne. Néanmoins, le phénomène de cet artiste doué, frère aîné d’Alexander Gierymski, reste toujours un peu méconnu pour le grand public.

L’exposition du Musée national de Cracovie se concentre sur l’approche novatrice de l’artiste vis-à-vis des paysages. Ses scènes n’étaient souvent qu’une excuse pour observer le paysage et le développement subtil de la couleur et de la lumière qui formaient une ambiance d’images. C’est avec l’œil du reporter qu’il a reproduit sur ses toiles la vie contemporaine des habitants des villes et villages polonais. Représentant une manifestation du réalisme mature dans la peinture polonaise, Maksymilian Gierymski a initié des changements dans la perception du rôle de l’art et a mis en question la doctrine académique soulignant les devoirs patriotiques de la peinture polonaise.

Les deux expositions consacrées aux frères Gierymski fournissent l’occasion d’entrer en discussion sur la créativité des deux peintres, leurs relations réciproques ainsi que leur rôle dans le développement de la peinture polonaise.

Au cinéma

Powstanie Warsawskie, 2014 (site officiel en français)

« L’Insurrection de Varsovie » est un film polonais qui raconte l’histoire de la rébellion des Varsoviens contre les occupants nazis en 1944 [1] à travers les yeux des témoins directs des combats. C’est le premier film de guerre non fictionnel au monde, monté entièrement à partir de matériaux documentaires sous forme d’extraits muets en noir et blanc, captés par des équipes envoyées dans la ville par l’armée polonaise de résistance.

Les images, authentiques, ont été retravaillées avec des techniques modernes de colorisation. Elles ont été aussi re-sonorisées par une narration liant les différentes séquences et ensuite mises en forme dans un long métrage.

Le film rend compte à la fois des violents combats de rue contre les forces allemandes et des moments de calme et de rires des insurgés. Il nous emmène au cœur des événements par des scènes éclatantes, ressemblant aux productions hollywoodiennes, mais nettement plus fortes de par leur authenticité. Il s’avère en outre que certaines des personnes apparaissant dans les documents sont toujours vivantes et ont été retrouvées.

[1] L’insurrection a débuté le 1er août 1944 et a pris fin après 63 jours avec la reddition des rebelles, la mort de 200 000 personnes et la destruction des deux tiers de la ville, soit pendant les combats proprement dits, soit au cours de l’opération de représailles menée par les nazis après l’insurrection.

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