« Mój mały zakątek Polski… » – l’ensemble folklorique « Wisła » de Dourges

Pour finir l’année en couleurs, un reportage du photojournaliste indépendant Thomas Helard, qui a suivi l’ensemble de danse folklorique polonaise « Wisła » à Dourges (Nord-Pas de Calais). Cette association, qui s’emploie également à perpétuer d’autres traditions polonaises, parvient à renouveler son public vers la jeunesse comme envers des personnes dépourvues d’origine polonaise.

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Plus d’un siècle après l’arrivée des premiers migrants polonais dans le bassin minier du Nord-Pas de Calais, de nombreuses associations y font perdurer les traditions polonaises. C’est notamment le cas de l’ensemble folklorique Wisła de Dourges. Né en 1991 de la volonté commune de plusieurs associations locales de sauvegarder les valeurs traditionnelles et culturelles de la Pologne, il est actuellement composé d’une cinquantaine de membres de 6 à 80 ans et répartis en deux groupes de danseurs (adultes et enfants). Il comporte aussi une chorale et une kapela, orchestre traditionnel. Wisła est le nom polonais de la Vistule, fleuve qui traverse toute la Pologne du sud au nord avant de se jeter dans la mer Baltique.

Grâce à ses nombreuses activités et une douzaine de spectacles de danse par an, l’ensemble folklorique Wisła s’est imposé comme un acteur majeur de la promotion et de la sauvegarde des traditions et de la culture polonaises dans la région Nord-Pas de Calais. Chaque semaine, Philippe Napora et Lucie Leśnik, les deux chorégraphes également membres de la cellule artistique, coordonnent et animent les répétitions des danseurs.

« Il existe de multiples règles en folklore polonais, de nombreux « codes », et des détails auxquels il faut faire attention. On ne peut pas lancer une musique et inventer la danse que l’on veut. Par ailleurs, il y a une certaine difficulté à être chorégraphe au sein d’une association par rapport à une école de danse par exemple, car la fréquentation et les motivations ne sont pas les mêmes. Il faut également être attentif au niveau de chacun et pouvoir satisfaire tout le monde » , explique Lucie Leśnik.

Pour apprendre ces codes, de nouvelles danses et ainsi devenir chorégraphes diplômés, Lucie et Philippe ont tous les deux suivi quatre années de suite les cours de l’université d’été à Rzeszów, au sud-est de la Pologne.

« En 2010, nous sommes partis à Rzeszów afin d’apprendre quelques danses. Ce premier stage nous a montré une autre partie du folklore polonais que nous ne connaissions pas et nous en sommes revenus contents et motivés. L’année suivante, avec Lucie, nous avons immédiatement commencé notre formation de chorégraphe à l’université. Avec les années, nous avons acquis de plus en plus de techniques et de connaissances. L’assurance est venue avec la pratique et nous avons peu à peu pris en charge les répétitions du groupe » , raconte Philippe Napora.

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Toutefois, avant d’incarner un groupe de danse, les participants partagent un attachement sensible aux racines et aux traditions polonaises qui les pousse à vouloir transmettre cette culture.

Comme le décrit Lucie Leśnik : « mes parents étant d’anciens danseurs et des personnes très investies dans le milieu associatif polonais, très naturellement, avec mes deux sœurs, nous avons intégré l’ensemble folklorique Wisła. Danseuse depuis plusieurs années et fille de l’ancien chorégraphe de notre groupe, je me suis très vite intéressée à la chorégraphie. Je voyais travailler mon père et j’ai eu envie de faire la même chose… Aujourd’hui, Wisła occupe une grande partie de mon temps et c’est un moyen de partager un plaisir commun avec les autres danseurs, de leur transmettre ce que j’ai pu apprendre en Pologne par exemple… » .

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Pour Isabelle Oszczak, à seize ans la plus jeune des danseuses du groupe des adultes, l’ensemble Wisła est avant tout « une famille où tout le monde se connaît, c’est ce qui nous permet de faire des répétitions dans la joie et la bonne humeur ! Avec cette atmosphère positive au sein du groupe, les nouveaux venus s’intègrent très facilement ! C’est un vrai plaisir d’aller aux répétitions et bien sûr aux spectacles, le sourire est toujours là » .

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Elle poursuit : « Évidemment j’ai eu un petit pincement au cœur en me séparant du groupe des enfants. Cela faisait dix ans que j’en faisais partie. Mais en même temps, je suis très excitée d’apprendre de nouvelles chorégraphies et de danser avec d’autres costumes.

C’est un changement très agréable et cela va me permettre d’améliorer ma technique. J’étais impatiente de passer dans le groupe des adultes. Depuis deux ans, j’assistais à leurs répétitions, je les observais, je remplaçais de temps à autre les absents, et quand on m’a annoncé que j’allais bientôt faire mon entrée chez eux, je me suis mise la pression moi-même, je voulais être parfaite sur scène pour montrer que j’étais capable de passer un grade, je faisais tout pour que l’on n’ait rien à me reprocher…

Maintenant j’en ris quand je raconte cette petite période parce qu’évidemment, il n’y a pas besoin d’être parfait pour faire du folklore polonais, il faut juste se faire plaisir. Nos chorégraphes sont là de toute manière pour nous guider et améliorer nos techniques. »

En marge des spectacles et répétions, l’ensemble Wisła organise également diverses manifestations comme une journée sportive, un atelier de pisanki (décoration d’œufs de Pâques) et participe pleinement à la vie de la communauté dourgeoise.

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Pour le président de l’association Daniel Skrobala, même si ces activités annexes ne sont pas les plus importantes pour la promotion du folklore polonais, elles sont néanmoins « vitales pour Wisła qui sait ainsi se diversifier et entretenir des liens avec d’autres associations. Cela peut également contribuer à attirer de nouveaux membres » .

Grâce à son dynamisme, à la motivation de ses danseurs, chanteurs, chorégraphes et bénévoles, l’ensemble Wisła est à même de faire découvrir les traditions culturelles polonaises à un éventail toujours plus large de personnes, et nul besoin d’être d’origine polonaise pour apprécier.

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