Éditorial de M. Pierre Buhler, Ambassadeur de France en Pologne

Invité par l’équipe du Courrier de Pologne à ouvrir ce deuxième numéro principalement consacré à l’Ukraine, je souhaite tout d’abord saluer l’initiative des jeunes auteurs de cette revue qui se sont donné pour objectif de mieux faire connaître en France l’actualité et la culture polonaises. Je forme le vœu que leurs efforts conduiront les lecteurs du Courrier à porter un regard neuf sur la Pologne, en phase avec la réalité contemporaine de ce pays qui a connu en trente ans des transformations radicales – j’en ai moi-même été le témoin depuis mon premier séjour en poste à Varsovie de 1983 à 1985.

La Pologne ne cesse de gagner en influence dans l’Union européenne et elle est un partenaire essentiel pour la France. Les relations politiques bilatérales n’ont jamais été aussi bonnes. Il convient donc de donner du corps à ce partenariat stratégique au travers de coopérations entre entreprises, universités, chercheurs, collectivités territoriales ou encore associations. Ces liens peuvent être soit strictement bilatéraux, soit s’inscrire dans des configurations plus larges.

Le format fonctionne et est efficace. À titre d’exemple, au niveau politique, la connaissance que possède la Pologne de son voisin ukrainien et la médiation menée conjointement à Kiev par les ministres des Affaires étrangères des pays du triangle de Weimar ont dans un premier temps permis de faire jouer à l’Europe un rôle affirmé et constructif pour résoudre la crise, avant que de nouveaux développements ne replongent l’Ukraine dans une dangereuse incertitude.

À plus long terme, si la situation évolue dans un sens favorable, il ne fait aucun doute que l’expérience polonaise en matière de transition démocratique et économique sera utile à l’Ukraine. La Pologne célèbre d’ailleurs cette année trois anniversaires de dates capitales dans son histoire récente : l’adhésion à l’OTAN en 1999, l’entrée dans l’Union européenne en 2004 et l’organisation en 1989 des élections libres – une première dans le bloc communiste depuis un demi-siècle et le point de départ d’une réaction en chaîne qui mettra fin à la guerre froide et à l’existence de ce qu’on appelait à l’époque le bloc soviétique.

La Pologne s’est de la sorte dotée des instruments de la souveraineté, de la sécurité, de la prospérité économique et de la démocratie. Si toutes ces solutions ne sont pas nécessairement transposables en l’état à l’Ukraine, nous pouvons néanmoins souhaiter à ce pays d’emprunter la même voie prometteuse. Après tout, dans la géographie de l’espace Schengen, la France et l’Ukraine ont désormais une frontière commune.

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