Comment la Pologne change l’Union européenne : éditorial

Chers lecteurs,

L’année 2014 a été riche en célébrations pour la Pologne qui a successivement fêté le quinzième anniversaire de son adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les dix ans de son appartenance à l’Union européenne (UE) et le quart de siècle qui s’est écoulé depuis les élections libres du 4 juin 1989. Quoiqu’elle ne fussent libres qu’à demi, elles marquèrent « le début de la fin du communisme, non seulement en Pologne, mais à travers l’Europe » , comme le reconnut le président américain Barack Obama présent pour l’occasion à Varsovie. Dans le tiercé 15-10-25, il nous avait semblé que c’était ce dernier numéro qui méritait le plus d’attention et nous lui avions en conséquence consacré un épais dossier, tout en nous promettant de revenir sur les autres anniversaires.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui avec une sélection de domaines où la Pologne n’a pas seulement été bénéficiaire des politiques publiques de l’UE mais en a été un important acteur, voire l’initiateur. Nous vous avions par exemple parlé en 2014 du Partenariat oriental, issu d’une proposition polono-suédoise, et abordons dans ce numéro le Fonds européen pour la démocratie et l’Union de l’énergie, promus l’un et l’autre par la diplomatie polonaise. En matière de défense, la Pologne, membre actif à la fois de l’OTAN et de l’UE, joue également un rôle de premier plan dans la préservation de la sécurité européenne et le rapprochement des politiques européennes de défense en vue de construire, peut-être, un jour, l’armée européenne qu’a récemment appelé de ses vœux le président de la Commission Jean-Claude Juncker.

De fait, après avoir brisé les mâchoires de l’étau qui opprimait ses libertés individuelles et sa souveraineté nationale puis obtenu les garanties de sa sécurité et de son développement économique – c’est le sens de la « révolution de 1989 » ainsi que de l’adhésion à l’OTAN et l’UE –, à quoi d’autre pouvait donc bien aspirer le peuple polonais ? jouir paisiblement de ces acquis dans la perspective optimiste, pour ne pas dire naïve, d’une « fin de l’Histoire » qui n’aurait cependant sonné que pour moins de 10% de l’humanité concentrés sur une modeste péninsule du vaste continent eurasiatique ? Il ne s’agit évidemment pas d’exporter la révolution par les armes, comme l’ont fait dans le passé la France, la Russie ou encore l’Iran. Pour autant, l’UE et ses États membres ne peuvent ignorer que leur histoire, leurs valeurs et leurs capacités leur confèrent des responsabilités qui dépassent leurs frontières. Varsovie, au vu de ses initiatives sur la scène européenne, semble en être consciente et ce n’est pas le moindre de ses points communs avec Paris.

En vous souhaitant une enrichissante et agréable lecture.

Laisser un commentaire